> Si vous avez des larmes, préparez-vous à les verser. [William Shakespeare]


Romeo aime Juliette. Juliette aime roméo. Rien de réellement transcendant. Sauf, lorsque les deux amants doivent s'aimer secrètement au milieu d'une guerre que se livre leur famille depuis bien des années. Ils sacrifient par conséquent leur vie, afin de vivre là où leur amour pourra subsister : Le néant de la mort.



Près de 420 ans, après l'écriture de la funestement célèbre oeuvre de William Shakespeare, l'histoire se répète.
Personne ne sait vraiment comment tout cela a commencé. Quand la guerre a prit place sur les collines de Salt Lake City? Qui a tiré le premier et pourquoi? Peu importe. A présent, ce qui compte c'est la victoire de l'une des deux familles qui se tuent pour le pouvoir. Les morts, on les pleure, on les venge, puis on les oublie. Se battre pour l'honneur des siens, pour son nom, sa fierté, voilà l'important. Infâme philosophie, avec laquelle on grandit les deux prochains héritiers de cette guerre sans fin, Leïla et Timéo. Ils ne se connaissent pas, mais leur nom les ont forcés a se haïr. Bientôt, ils seront les princes de la bataille, et devront tout sacrifier pour faire tomber l'autre. Prions pour que les sentiments ne s'en mêlent pas.


BY ADY.

Après Joli Mensonge ; Presque pour toujours [ . . . ]


Avec :

[ Clan Trump ]
[ Clan Carter ]


LeÏla Trump < Sophia Bush
Timéo Carter < Chad M. Murray

Calliope 'Callie' Trump < Bethany Joy Galeotti
Eléna Lewis < Hilarie Burton

Hanna Trump < Moira Kelly
George Carter < Paul Johansson

Sinan Karpen < Rob Pattison


And Others
[ . . . ]

# Posté le samedi 24 octobre 2009 07:15

Modifié le lundi 02 novembre 2009 10:29

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_ Musique : Eels < I Need Some Sleep


- « Il était une fois... »

- « Maman ! » Grogne l'adolescente. « Je ne suis plus un gamine. »

Elle a un léger rire. Pas moqueur, elle ne le pourrait pas. Elle passe une main dans les cheveux cendrés de sa fille tandis qu'elle se renfrogne, croisant les bras sur sa poitrine. A 16ans, Maïlys est presque adulte. Pourtant, depuis toujours, ses nuits sont animés par de vifs cauchemars que sa mère sait parfaitement réels. Et après quelques hurlements, il n'y a que la présence de sa mère qui sache la rassurer. La plupart du temps, avec une histoire dont elle n'a pas le temps d'entendre la fin avant de céder aux bras de Morphée. La jeune femme la pousse un peu, et se fait une place sous la couverture. Elles sont parfaitement conscientes d'avoir un lien différent en comparaison des autres familles. Tous deux, se savent trop proches l'une de l'autre, mais ne voudraient changer cela pour rien au monde. Maïlys pose son front contre celui de sa mère, et ferme les yeux. Ses derniers mauvais rêves, ceux qui en ce moment même l'oblige à être éveillé a trois heures du matin, ont été particulièrement éprouvants, et toujours emprunts d'une réalité effrayante. Tout a été tenté pour régler ce problème. Psychiatrie, médicaments... Mais rien n'y fait, les cauchemars semblant être profondément ancrés dans son sang.

- « Je ne veux pas un stupide conte de fées. » Murmure l'enfant.

La jeune mère caresse tendrement la joue de sa fille. Le fait qu'elle ait grandit si vite, l'inquiète plus qu'elle ne l'aurait voulu.

- « Qu'est ce que tu as contre les contes, ma chérie ? »

- « J'en ai seulement assez des « ils vivèrent heureux et eurent beaucoup d'enfants. »

La jeune femme réfléchis longuement.

- « Les fins heureuses ne te conviennent plus. » Résume t-elle dans un soupir d'amertume. « Dans ce cas, j'ai peut-être l'histoire parfaite. »

Maïlys ranime son attention, alors que sa mère se pince les lèvres douloureusement. Elle est grande à présent, et c'est peut-être le bon moment. Elle ferme les yeux jusqu'à s'en fendre les paupières, pour raviver les cendres, et les transformer en les flammes d'antan. Cela risque de faire mal, et de faire couler quelques vieilles larmes coincées là depuis longtemps. Elle inspire longuement, regarde sa fille dans les yeux, et commence son récit avec une aigreur du passé. Cette histoire est un coupe gorge. Et un crève-c½ur.

# Posté le dimanche 25 octobre 2009 06:23

Modifié le mardi 27 octobre 2009 08:39

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_ Musique : Eels < I Need Some Sleep


Quand quelqu'un disparaît de nos vies, on est généralement déboussolé par le fait que le monde continue de tourner. Il y a beau, y'avoir eu un mort, il faut continuer de se lever, de s'habiller, de parler, de travailler, de sourire. Et c'est ça qui est dérangeant. C'est de savoir que même après votre propre décès, le monde continuera de tourner comme il l'a toujours fait. Leïla Trump n'a que 18 printemps derrière elle, et pourtant, elle a tout d'une grande dame. Son visage de marbre est caché par d'épaisses lunettes de soleil, qui cache les larmes qui devraient coulées par décilitres et qui pourtant ne font pas l'honneur de leur présence. Elle voudrait bien pleurer, ne serait-ce que pour créer l'illusion. Mais cela fait sept jours qu'elle est dans cet état de léthargie. Depuis que sa s½ur aînée l'a appelé en pleur, elle n'a pas dit un mot, n'a pas versé une larme. Elle s'en veut, bien entendu. Elle ignore si cette indifférence est dû au fait qu'elle ne réalise pas que c'est bel et bien la réalité, ou si c'est qu'elle s'en fiche vraiment. Callie lui sert fort la main pour se rendre jusqu'au funeste attroupement, autours du cercueil. Le temps s'accorde quelque peu aux sentiments. Le ciel est gris, prêt à déverser sa pluie assassine. La mère des deux jeunes filles est déjà là, au premier rang du mortuaire spectacle qui se déroule. Elle a le visage décomposé par la fureur et la douleur. Elle l'aimait tellement, malgré tous les on-dit qui ont pu se rependre sur Salt Lake City. Leïla lui en veux, elle lui en veut d'être mort, de faire souffrir sa mère, sa s½ur. C'est le seul sentiment qui l'accable, à ce moment même. La colère contre cet homme qui blesse ceux qu'elle aime. Les voix du groupe de gospel s'élève. Quelques hommes de mains du mort se rassemblent pour porter la grande boîte où il repose. Tout a été orchestré pour l'enterrer comme un héros. Le prêtre parle, elle l'écoute mais ne l'entend pas. C'est comme une sorte de flottement : elle fait partie de ce monde, mais ce n'est pas le sien. Pour autant, elle entend la dernière phrase de l'homme de dieu.

- "Toute chose naît pour périr et tout ce qui périt retourne pour une autre fois refleurir."

Elle reconnaît les mots exacts de Robert Garnier dans Cornélie et imagine aisément le prêtre recherché la citation parfaite sur Google. Le cercueil descend sous terre, et un flot de sanglot secoue la femme du défunt. Callie la prend dans ses bras, et Leïla reste stoïque comme à sa dernière habitude. Elle recueille quelques condoléances. Tous ceux qui viennent à elle pour pleurer le mort s'accordent pour dire qu'ils le regretteront, que c'était un homme bien. De toutes évidences, ils ne le connaissaient pas, ou peu. Et ce qu'elle le connaissait, elle? Pas réellement non plus. En réalité, elle n'avait pas vu son père depuis six longues années. Leïla n'avait pas rempli tous les espoirs de son géniteur. Elle était une enfant agitée, perturbée, vive. Elle n'avait pas sa langue dans sa poche et c'était promis de dire la vérité quoiqu'il arrive. La vérité. Dur problème pour un politicien de l'acabit de George Trump. Elle a à peine 10ans, quand elle est envoyée au couvent de Pittsburg, à l'autre bout du pays. Les premiers mois, il remplit son rôle de père pour la bonne conscience. Il vient la voir, lui permet parfois, de revenir les week end. Mais très vite, Leïla devient dérangeante plus qu'autre chose. Elle grandit, loin de tous. Loin de sa grande s½ur, Callie, loin de sa mère, Hanna. C'est dur, mais elle devient une femme forte et indépendante qui n'a rien de perdu de son caractère que son père tentait de lui effacer. Les peu de fois où elle est de passage dans sa ville natale, son père est trop occupé ou absent. Bientôt, elle ne cherche plus à obtenir son attention à tout prix, sachant le combat perdu d'avance. Elle décide de ne lui accorder que peu de pensées et le voit seulement comme l'homme responsable de sa mise au monde. Sauf qu'une semaine auparavant, Callie appelle. Elle est perdue, affolée. "Papa a été assassiné." résonne dans le combiné. Leïla lâche le téléphone, la surprise étant trop surprenante. Huit balles dans la poitrine. Pas de coupables. Une enquête perdue d'avance. Tout le monde sait qu'il n'est qu'une victime de la guerre. Une de plus. Sauf que cette fois, les Carter ont décidés de s'attaquer au roi, et qu'ils n'ont pas idées de ce qu'ils ont engendrés. Tout le monde s'éloigne doucement et seule reste Hanna, effondrée et a genoux près de la récente tombe. Callie lance un regard à sa cadette, et toutes deux, lèvent leur jeune mère, la ramassant comme on le ferait avec un blessé de guerre. Ce qu'elle est au fond. Elles traversent le cimetière, et Leïla est soudainement aveuglée par une lumière pure et chaude. Le soleil transperce les nuages. Le soleil va revenir, et bientôt le ciel sera bleu. Un peu comme leur existence. Tout finira par s'arranger, un jour ou l'autre. La vie va continuer. La vie continue toujours. Peu importe les drames, les morts, les impressions qu'on a touché le fond, qu'on ne reviendra plus à la surface, il ne faut jamais, jamais oublié. Un de ses jours, tout cela fera partie du passé : La vie file entre nos doigts. Elle ne cessera jamais de continuer, de suivre son cours, exactement comme le monde n'arrêtera jamais de tourner..






On continue?
Deux commentaires pour être prévenue.



# Posté le mardi 27 octobre 2009 08:16

Modifié le mardi 27 octobre 2009 08:40

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_ Musique : Imogen Heap < Hide and Seek


Enfance. Epoque lointaine. Trop courte à notre goût. Qu'on ne peut retrouver d'aucune manière. Sauf grâce à ces flottements étranges, qui traversent de temps à autres nos cervelles fatiguée par le fait d'être adulte : Les souvenirs. Cela peut se manifester par toutes sortes de choses. L'important, c'est l'empreinte qu'ils laissent dans notre mémoire. L'odeur des cookies en train de dorer dans le four, la cachette secrète de la boîte à bonbon de Mamie. Le rire de Papy, et ses histoires rocambolesques. L'endroit exact où le plancher de la chambre craque. Les pas de maman dans l'escalier. Son baiser quand elle croit qu'on dort. Tant de souvenirs emprunt à nous refiler un sourire éphémère. Et il y en a d'autres qu'on n'aurait jamais voulu se remémorer. Comme... Les pleurs d'une s½ur, à travers un mur. Presque en courant, Leïla traverse le couloir. Elle entre sans frapper. Dans le lit, au milieu de la pièce, Callie est recroquevillée. Elle tient tout contre elle, un oreiller qui sert de cercueil à ses larmes. Leïla, s'approche le plus lentement du monde, avec sa grâce habituelle. Elle contourne le lit et s'y installe. Elle se sert de toutes se forces ce petit bout de femme qui porte son sang. Callie refuse de lui faire face, par honte de ses larmes, mais accepte l'étreinte. Leïla pose son menton au creux de l'épaule de son aînée et lui prend la main. Calliope à six années de plus que sa jeune s½ur. En temps normal, elle n'habite pas ici, mais dans une maison sur la côte, près du lycée où elle travaille en temps que professeur de littérature anglaise. Si elle a momentanément réaménagé dans le manoir familial, c'est pour ne pas laisser Hanna se noyer dans le chagrin. Et puis aussi pour ne pas rester seule, pour ne pas faire de bêtise, même si ça, elle ne l'avouera pas. Callie a toujours été la plus émotive, la plus sensible. La plus fragile aussi. L'opposé même de sa cadette. Pourtant une force inexplicable les implique toutes deux dans un sentiment rare. Callie pleure, Leïla console. Leïla fait les bêtises, Callie plaide en sa faveur. Accord parfait. Bientôt, le souffle de la plus vieille des deux Trump, se fait régulier, et Leïla comprend qu'elle s'est endormie, au creux de ses bras, juste comme avant. Elle se dégage de l'étreinte, le plus doucement possible, et descend les escaliers de marbre dans un abominable silence qu'elle se surprend à détester. Elle ouvre la porte d'entrée, et une fois sur le perron, fouille dans les poches de son jean trop grand, pour en ressortir un paquet de longues cigarettes sans filtres. Elle en allume une, dans la vive et soudaine lumière de son briquet. Mauvaise habitude prise il y a longtemps, et qu'elle n'est pas encore prête à quitter.

- "Il t'aimait, tu sais?" La voix rauque et grave a tranché la nuit obscure.

Leïla sursaute. Elle a eu peur. Elle a toujours peur. Constamment. De son ombre. Des voix dans sa tête, des gens qui lui donnent des frissons, du "plus tard", du "peut-être". Elle a peur de tout, Leïla. Elle a peur de la vie. Elle se tourne vers Hannah, assise sur le banc en bois. Elle a l'air d'une gamine perdue, pauvre mère. Leïla se ressaisit, et secoue la tête, en tirant une bouffée de sa drogue douce.

- "C'est facile d'aimer les gens, quand on est mort."

Son ton est froid. Presque indifférent, mais une colère certaine y est perceptible. Ce qu'elle aurait voulu, elle, c'est que ce soit lui qui lui dise. Alors peut-être, n'aurait-il pas tout gâché. Leïla frisonne. Le vent de novembre, la prend aux tripes. Elle recrache la fumée, tel qu'on l'aurait fait dans un vieux film des années 60. La lune n'est pas pleine mais elle est magnifique. C'est un ciel sans étoile, sans nuages. Et depuis toute petite, elle a prit l'habitude de faire un v½u, lorsqu'il en est ainsi.

- "Tu peux pleurer, tu sais." Souffle Hanna. La jeune fille secoue la tête. "Tu ne pourra pas toujours être le super héros, Leï. C'est pas obligatoire, d'être toujours forte, de ne jamais avoir mal."

Elle se tourne vers sa mère, avec un peu plus d'émotion qu'à son habitude.

- "Mais si moi, je craque, si moi, j'hurle comme j'en crève d'envie, alors qui sera là pour Callie? Qui sera là, pour toi, maman?" Murmure t-elle doucement, comme une enfant qu'elle est.

Hanna semble réfléchir une seconde. Elle n'a pas de réponse. Alors Leïla hausse les épaules avec cet air "Tu vois, je te l'avais dit" qu'elle possède depuis toujours. La mère se lève. Elle tremble de tous ses membres, et ce n'est pas à cause du froid nocturne.

- "Je t'aime, mon ange."

Leïla ferme les yeux, imprimant profondément cette image dans sa mémoire. Hanna doit se lever sur la pointe des pieds pour embrasser la tempe de sa fille, qu'elle n'a pas vu grandir. Elle se dirige vers la porte, l'ouvre, puis se retourne.

- "Un de ces jours, il faudra que tu te laisses sauver, super-héros."

La jeune fille, lui accorde un sourire pauvre, et lui chuchote un inaudible merci. Hanna disparaît, le sourire de Leïla également. Seule, de nouveau. Elle s'adosse à la balustrade, le temps de terminer la cigarette qui lui bouffe les poumons. Elle n'a que très peu de certitudes, et elle sait parfaitement, que rien n'est absolu. Rien. La vérité, la vie, la famille, les lois, la justice. Toutes ces choses ne sont que des mythes inventées par l'homme pour se rassurer. Mais il y a une exception. Une vérité universelle, que même elle, la fille la plus pessimiste du monde ne peux nier : Les mamans ont toujours raison. Croyez-le. Si ce n'est pas dans l'absolu, ce sera dans le futur, mais c'est une certitude. Elles sont dans l'incapacité d'avoir tort. Leïla traverse le jardin, et découvre que sa vieille balançoire improvisée avec un pneu, est toujours là, à sa place d'antan. Son grincement semblable à un cri, lui a manqué, elle ne s'en était jamais aperçue. Elle s'y assied, en ressassant les paroles d'Hanna. C'est son devoir de protéger sa chaire, son sang. Son père n'a pas sût tenir ce rôle, elle, elle en sera à la hauteur. Et tant pis, si il faut que ses cicatrisations soit à l'intérieure. Tant pis, si ses cris, devront être étouffés dans l'oreiller. Elle pourrait bien crever pour les sourires de sa mère, de Callie. C'est tout ce qui compte à présent. Bien sûr, elle sait parfaitement, qu'un pétage de câble est prévisible, qu'elle craquera à un moment ou a un autre : Personne ne peut faire semblant d'aller bien, sans en dépérir.

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 13:15

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 16:10

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_ Musique : Snow Patrol - You could be Happy


Il a toujours eu cette impression d'être décalé. De ne jamais être comme il faut, de n'appartenir a aucun stéréotype propre. Il n'est pas réellement bon en cours, ni en sport, n'a jamais mis les pieds ni dans le club de théâtre ni dans celui d'échec... Il est juste ce gars, moyen par tout, qui ne donne jamais réellement le meilleur de lui même, et qui porte sur ses frêles épaules l'avenir de la ville entière. Malgrè ça, le nom de son père, lui a permis d'obtenir une notoriété telle, qu'au lycée, aucune décision n'est prise sans qu'il en soit au courant. Il sait parfaitement ce que les autres imaginent à son sujet. Ils doivent penser, qu'il est un tombeur qui se la joue timide, qu'il passe ses week end, entre filles et fêtes alcoolisés. Mais tout ça est si loin de la réalité. Dans les faits, Timéo n'a qu'une amie réelle, n'a jamais de copine qui vaille la peine, et deux choses réussissent à animer chez lui une petite flamme d'intérêt : La musique et la lecture. Bien fade existence que celle de l'héritier Carter. Le meilleur titre d'Offspring résonne dans ses oreilles a un taux de décibels beaucoup trop élevé. Un peu plus de trois minutes de voyage, vers un monde sans responsabilités, sans guerre, sans morts, sans rien. Et dieu, que c'est bon. Mais le voyage imaginaire est vite écourté. Quelqu'un lui saute dessus, rebondissant sur son lit avec entrain. Il reconnaît la spontanéité de Eléna, et l'attrappe comme si il s'agissait là, de la plus légère des choses sur terre. Il revient dans le monde réel en enlevant ses écouteurs.

- "Ton père est un héros." S'enthousiasme la jolie blonde.

Timéo perd le sourire que la présence de la jolie adolescente avait provoqué. Il n'aime pas réellement entendre parler de son père, mais personne ne peux comprendre ça. Elle sort de la poche arrière de son jean, le quotidien de la ville. "Le roi Trump mort sous une rafale de balles." fait office de gros titres. Cachant une colère certaine, à propos de cette affaire dont il est bien entendu au courant, Timéo soupire longuement.

- "Les héros ne tuent pas les gens." Crache le jeune garçon.

Il se lève, lui tourne le dos, et plonge ses mains dans poches en regardant par la fenêtre. Surprise, elle le rejoint, et le force à se retourner, peu compréhensive.

- "Tim, ça va pas?"

Elle passe une main tendre sur sa joue. Il y a toujours eu chez eux, cette relation tactile. Ils ont bien couchés ensemble a plusieurs reprises dans des moments de perdition, mais ils sont bien trop amis, pour que tout cela devienne... Vrai. Il se radouçit.

- "Est ce que tu crois, que cette guerre finira un jour?" Murmure t-il comme un enfant.

- "Oui. Oui, bien sûr dès que nous l'auront gagné."

Il souffle de nouveau. Ce n'est pas la réponse qu'il attendait. Quant à la question il aurait probablement pû dire, "est ce que des centaines d'innocents vont-ils continuer de mourrir pour une question de fierté stupide"? Malgrè lui, et malgrè ses ordres, Eléna a rejoint l'offensive il y a de cela des années. Par chance elle n'est pas appropriée pour des missions rapprochées telles que des meurtres comme celui qui a eu lieu quelques jours auparavant. Ils ont tous les deux grandit ensemble, au milieu d'une guerre sans nom. Et alors que l'un la déteste et refuse d'y prendre goût à cause d'un nom, l'autre la considère comme l'échappatoire vers un monde plus à son goût. Il ne la comprend pas, mais l'aime comme on aime une soeur, et ne voudrait la contrarier pour rien au monde. Alors il se contente de taire ses impressions, son dégoût, et attendant d'obtenir le pouvoir et d'y mettre fin, lui même. Il la serre dans ses bras, avec une tendresse assassine. Comment une si belle, pure et innocente créature, peut-elle aimer la vue du sang sur ses mains gracieuses? Il n'y a donc personnes pour voir toutes les victimes que fait cette guerre? Personne à part lui? Timéo est au délà de la stupidité : Il sait parfaitement qu'il ne changera pas le monde, que personne ne le peux. Mais si il peux renier ses origines, au nom de quelques épargnés, alors il n'y a pas une once d'hésitation. Et c'est à ce genre de sacrifice, qu'on reconnaît une grande âme.




Deux commentaires pour être prévenue.



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# Posté le samedi 31 octobre 2009 09:15